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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /Août /2006 14:55

Vladimir Volkoff, disparu l'an dernier, était un écrivain (romancier, essayiste, dramaturge...) français d'origine russe. Ancien officier du renseignement, sa spécialité littéraire est la désinformation, domaine dans lequel il est passé maître. Il laisse entre autres, derrière lui, une pléiade de livres dédiés aux thèmes de la manipulation, l'intoxication par l'image ou le langage.

Introuvable en français, voici, en exclusivité catastrophique, la traduction de l'espagnol d'un entretien didactique et éclairant sur le politiquement correct.
Entretien originellement réalisé par Marc Vitellio.



Quelle est votre définition du « politiquement correct » ?                                                                     
Le politiquement correct tel que nous le connaissons actuellement représente l'entropie de la pensée politique. En tant que tel, il est impossible de le définir puisqu'il manque d'un véritable contenu. Son fondement est celui du « tout se vaut ». En lui, nous rencontrons les restes d'un christianisme dégradé, d'un socialisme revendicatif, d'un économisme marxiste, et d'un freudisme en permanente rébellion  contre la morale du moi. Si nous comparions les fondations du communisme à une explosion atomique, nous dirions que le politiquement correct constitue le nuage radioactif qui vient après l'hécatombe.

 


En quoi consiste le "politiquement correct"?
Le politiquement correct consiste en l'observation de la société et de l'histoire en termes manichéens. Le politiquement correct représente le bien et le politiquement incorrect représente le mal. Le summum du bien consiste en respecter les choix et la propre tolérance des autres, à condition que ces choix ne soient pas politiquement incorrects ; le summum du mal se trouve dans les données qui ont précédé ce choix,  qu'elles soient de caractère ethnique, historique, social, moral et même sexuel, et même dans les malheurs humains. Le politiquement correct  ne se soucie pas de l'égalité des opportunités de chacun au départ, mais de l'égalitarisme des résultats à l'arrivée.

 


Qui l'a inventé ?
Personne n'a inventé le politiquement correct : il naît comme conséquence de la décadence de l'esprit critique de l'identité collective, qu'elle soit sociale, nationale, religieuse ou ethnique.

 


Qui le pratique ?
Le politiquement correct est d'usage courant parmi les intellectuels expatriés, mais comme il est contagieux, il est normal que d'autres personnes soient contaminées sans qu'elles en soient conscientes.

 


Comment pouvons-nous nous désintoxiquer ?
La désintoxication est difficile, dans la mesure où nous vivons dans un monde dans lequel les média (et le mot média est, en soi, un barbarisme politiquement correct) ont acquis une importance démesurée et sont précisément les responsables de la contagion massive. Le premier remède consiste en la prise de conscience de ce que le politiquement correct existe et circule par-dessus tout à travers notre propre vocabulaire. Le second, ce serait de prendre conscience que le « je » fait partie d'un « nous » et que ce « nous » se doit de protéger ce « je » contre le « on dit que... » politiquement correct. Le troisième remède consiste à mettre en pratique cette conscience, de renoncer à toute terminologie politiquement correcte et aux idéologies sur lesquelles elle s'appuie. Par exemple, il faut dire « avortement » au lieu de « interruption volontaire de grossesse », « sourd » au lieu de « mal entendant », « vieux » au lieu de « personne du troisième âge »,  « sauvageon » au lieu de « inadapté social ».  Un « enseignant » ne parviendra jamais à être un « maître ».

 


Quels sont les ravages produits par le « politiquement correct » ?                                       
Ils consistent fondamentalement en confondre le bien et le mal, sous le prétexte que tout est discutable.

 


A part la nation, quelles les sont les cibles de prédilection du « politiquement correct » ?

Ses cibles de prédilection sont la famille, les traditions et, surtout, la croyance en lui [le politiquement correct], puisque pour le politiquement correct il n'y a qu'une seule vérité et le reste est faux.


 
 

Avez-vous l'impression que la France est l'un des pays les plus touchés par le « politiquement correct » ?

Le politiquement correct est supranational comme toutes les maladies. Si nous sommes en position d'affirmer qu'il est né dans des universités américaines bien précises, il n'est pas moins sûr qu'il s'est répandu rapidement sur toute la planète. Peut-être que dans les pays de tradition chrétienne-orthodoxe, il résiste de mieux en mieux à cette épidémie, probablement en réaction à la propagande communiste,  peut-être grâce à la foi religieuse elle-même. Nous l'avons vu récemment avec les cas de la Serbie et de la Russie.

 

 
 


Comment détecter une personne « politiquement correcte » ?

Une personne politiquement correcte se considère elle-même comme tolérante, mais ne pratique pas la tolérance.

 

 
 


Comment éviter la contamination ?
Il est vrai que le politiquement correct nous guette et se présente toujours avec des arguments innocents et d'assimilation facile. Il faut tenter de lui refuser son innocence et de répudier cette facilité d'assimilation. Il est nécessaire,  de la même manière, de se prémunir contre le mimétisme de parler comme les autres. Je le répète au risque de paraître lourd, le vocabulaire politiquement correct est le principal vecteur de contagion. En n'importe quel cas, il faut affirmer que le politiquement correct est de faible foi et que, comme telle, il ne résiste pas à une énergique application de l'esprit critique. Il ne faut pas être soumis aux sentiments et opinions généralisés : l'esprit de contradiction le plus obtus vaut toujours mieux que l'acceptation libérale de la pâture médiatique. 

 

 
 


Selon vous, quelles peuvent être les conséquences à court et moyen terme du triomphe du « politiquement correct » ?
Le politiquement correct prépare un terrain de forme idéale pour les opérations de désinformation et pour l'expansion de la mondialisation. Quand tout le monde croira que les vérités peuvent être l'objet de truquages,  qu'il n'existe ni vérités ni mensonges, le monde sera préparé à recevoir la même propagande, à participer de la même pseudo-opinion publique fabriquée pour la consommation universelle. Et cette  pseudo-opinion publique acceptera n'importe quelle action, même les plus brutales (comme nous l'avons vu lors des récents bombardements sur Belgrade), qui indéfectiblement iront au bénéfice des manipulateurs.

 


Traduction (espagnol) La Catastrophe Internationale.


Vous pouvez trouver la version espagnole sur :


http://foster.20megsfree.com/x_dior_044.htm


Pour en savoir plus sur Vladimir Volkoff et son oeuvre :


http://fr.wikipedia.org/w/wiki.phtml?search=volkoff&sourceid=Mozilla-search&offset=0&offset=0


Un autre entretien, en français, cette fois :


http://www.antebiel.com/ASPASIE/journal/volkoff.html


Quelques ouvrages de Vladimir Volkoff, sur la manipulation de l'information :

 

-Le Montage, roman. Grand Prix du Roman de l'Académie Française 1982.

-La Désinformation, arme de guerre, textes de base présentés par Volkoff.

-Petite histoire de la désinformation.

-Désinformation, flagrant délit.

-Manuel du politiquement correct.

-La désinformation par l'image.

Par Frank Castle, justicier - Publié dans : La Cata
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Commentaires

Oui mais c'est tellement plus rassurant de se sentir comme étant "quelqu'un de bien", quelqu'un de tolérant-qui-n'aime-pas-les-méchants.
La tolérance a bon dos, on tolère tout.. sauf l'intolérable. Or le champs de l'intolérable est plus large qu'on veut bien le croire de nos jours.

Une expression assez à la mode chez les petits jeunes qui croient, l'espace d'un instant, lâcher quelque chose de pertinent :  "Moi, je suis raciste...envers les racistes !"
Ah il est content de sa trouvaille le petit (et pas vraiment conscient que quelques milliers de ses copains l'ont sortie avant lui).

Je crois que les gens confondent "tolérer" avec "être d'accord" ou "ne pas être contre", alors que ça n'a rien à voir.
Alors quand la bien-pensance a décrété qui sont les gentils et qui sont les méchants, tout le monde peut y aller franco sur les représentants du MAL, sans même besoin de penser par soit-même, puisqu'on le fait pour eux.
Confortable, pas vrai ?

Une fois n'est pas coutume, je citerais bien Voltaire, pour une définition à laquelle j'adhère complètement :  "Je ne suis pas d'accord avec vos idées, mais je ferai tout pour que vous puissiez les exprimer."
Commentaire n°1 posté par mexen le 20/10/2006 à 15h09

Je retiens le dernier paragraphe de la traduc. Parce qu’on y est. (Les Mickey Moore et Alex Jones, les Al Gore, ont leurs clones européens.) Et quand on y est, on y est bien, comme disait l’autre… et puis les choses se gâtent.

 "Moi, je suis raciste...envers les racistes !" C’est bien dit, ça révèle formidablement que cet idiot de Locutus sert le Borg… heu mais keske j’raconte… ça dit exactement que ce robot locuteur est bien aussi con que ceux dont il entend se faire le pourfendeur puisqu’il se place au même niveau.

Commentaire n°2 posté par Chinasky le 30/10/2008 à 01h50
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