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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 15:02


"Quand je pense que mon frère est en prison et qu'un type comme Frédéric Vignale est en liberté, je suis écoeurée."

L'étau se resserre.
Alors que deux cabinets d'huissiers traquent le dénommé Frédéric Vignale suite à sa condamnation par le Tribunal Correctionnel de Paris, une nouvelle plainte
pour escroquerie
est déposée contre lui.

Suite à notre précédent article dédié au faussaire, article qui fit du bruit l'an passé, Marie-Elisabeth Claustre a tenu à nous contacter et nous confier son témoignage :



"Je cherchais un nègre pour écrire l'histoire de l'erreur judiciaire dont a été victime mon frère Patrice Claustre. L'un de mes amis avocats m'a présenté un certain Frédéric Vignale qui pouvait devenir le nègre en question."

Ainsi commence la descente aux Enfers de Marie-Elisabeth Claustre, nouvelle et très officielle victime de celui qui se fait aujourd'hui appeler Fred-Eric Vignale, Frédéric R. Vignale, Frédéric Raymond Vignale, Frédéric Ray. Vignale, Frédéric Ray Vignale, Frédéric de la Vignalière, Frédéric Vignale-Weber ou Fred Vignale pour échapper au référencement de Google emmenant les internautes sur La Catastrophe Internationale...
   

Le Nègre invisible
Le premier rendez-vous avec le mythomane se déroule idéalement : Vignale se présente sous le meilleur jour possible, lui qui sait se faire si adorable, nullement intéressé par l'argent ("je touche 1 500 € par mois via le Mague"), se définissant avant tout comme "un grand passionné". Passionné par quoi ? "Par l'escroquerie", nous confirme M-E Claustre lors de notre entretien avec elle.
" Nous commençons la rédaction quotidienne du livre par téléphone, dès septembre 2007. En octobre, Frédéric Vignale me lance un "à demain, 14 heures" ". M-E Claustre n'aura plus de nouvelle de lui pendant près de 4 mois. Vignale ne décroche plus son téléphone, ne répond pas aux multiples messages qui lui sont laissés : première dépression nerveuse pour la soeur de Patrice Claustre, d'autant que ce dernier ne supporte plus ses conditions de détention.
   
        Février 2008. La compagne de Frédéric Vignale répond enfin à un appel. Cette jeune femme explique le silence du nègre : "Vous comprenez, Frédéric n'a pas d'argent, il ne peut plus poursuivre l'écriture du livre...". Marie-Elisabeth prête alors 2000 € à son passionné. Elle estime en retour pouvoir faire avancer le livre, et fonce retrouver Vignale à Paris. Devant l'impatience et la détresse de sa cliente, Vignale ne répètera que ce refrain : "Oui. Dans un mois." Marie-Elisabeth Claustre repart bredouille. Et de zéro.

Elle adresse alors à Vignale de nouvelles notes, de façon à remettre en marche la machine. Surprise de constater que le téléphone cellulaire de son ghostwriter est régulièrement coupé - il ne paie pas ses factures -, elle finit par apprendre de la propre bouche de Frédéric Vignale que celui-ci connait de lourds déboires financiers, que les huissiers en ont après lui, que ses meubles et son ordinateur sont dissimulés à Metz chez ses parents, que de nombreuses lettres recommandées lui arrivent, lettres qu'il ne va jamais chercher : "je ne veux pas les lire, ça me pompe toute mon énergie", explique-t-il. Vignale demande donc à Marie-Elisabeth de lui transférer, de nouveau, un prêt de 2000 € sur le compte de sa compagne. Pourquoi ? "Pour éviter les huissiers", lui répondra-t-il. Ce qui nous fait une avance totale de 4000 € pour un livre que personne n'écrit.


L'ami du Président
Paradoxalement, ayant fait la connaissance, via Marie-Elisabeth, de l'écrivain Yves Hilman, Vignale raconte à ce dernier qu'il connait le tout-Paris,  qu'il a tout le monde dans sa poche, et que son e-journal, Le Mague, association de loi de 1901, lui permet de retirer "jusqu'à 15 000 € par mois". 1 500 € une fois ? 15 000 € une autre fois ? Détournement de fonds associatifs ? Sans doute un énième mensonge. Nous demanderons au Trésor Public de bien vouloir vérifier.

    Sentant alors M-E Claustre sur le point de le lâcher, le traîtreux Vignale joue l'une de ses cartes favorites depuis 15 ans : plus gros sera le mensonge, et mieux ça passera. 
"Il faut que tu viennes à Paris, Marie-Elisabeth, je suis invité à la Garden Party de l'Elysée et j'ai une invitation pour toi". Or, une fois arrivée à Paris, pas de carton élyséen dans les poches percées de l'écrivain sous-traitant. Qu'à cela ne tienne, changement de cap : "Désolé pour la Garden Party, Marie-Elisabeth, mais un miracle s'est produit hier soir. M6 m'a appelé pour me demander de te filmer afin de passer un appel au Président Nicolas Sarkozy...".

Vignale sort le grand jeu et sa petite caméra. Il filme la soeur Claustre dans sa chambre d'hôtel, pathétique mise en scène où il lui fait ouvrir la fenêtre pour guetter l'éventuel retour de son frère, lui fait tenir en main une photo de Patrice, interviewe son employée qui l'a accompagnée, évoque la mère dévastée par cette sinistre erreur judiciaire,  "une exclusivité, quoi" selon Vignale. Le malin jouera les grands professionnels de l'audiovisuel (son oeuvrette : quelques clips de potaches diffusés par lui sur DailyMotion, mais introuvables ailleurs), et proposera à sa cliente des rôles dans ses films. Quel tact.
Nota : La Catastrophe Internationale a enquêté. Nous avons appelé la chaîne M6. Personne n'y a jamais entendu parler ni de Patrice Claustre, ni même seulement de Frédéric Vignale.
       

Dessine-moi un menteur
Sempiternelle ritournelle du margoulin, le "ton livre sera prêt dans un mois" ne suffit plus à M-E Claustre, qui réclame des explications. Le ton monte. Face à ce brusque revirement, Vignale tend à Marie-Elisabeth une clé USB.
"Le livre que tu veux est dessus", affirmera le goujat, à la manière d'un Saint-Exupéry diabolique raîllant le Petit Prince.
        De retour chez elle, la malheureuse découvre que sur cette clé... il n'y a rien ! Elle fait alors venir un informaticien, lequel est formel : pas de fichier, pas de livre. Elle appelle Vignale. "C'est une erreur !?" sera la piteuse excuse du manant, qui, mis en relation avec le technicien, promettra "j'envoie le livre par la poste !". Comme on peut s'en douter, rien n'est jamais parvenu jusqu'à Marie-Elisabeth Claustre. 
Sommé de restituer les notes qu'il était censé avoir prises par téléphone, de même que les bandes-vidéo pour le supposé entretien d'M6, l'escroc aurait récemment déclaré par avocat interposé : "Ma compagne m'a viré de chez elle, elle refuse de me rendre le manuscrit du livre. C'est de sa faute à elle si je ne peux pas le donner à Marie-Elisabeth." Pauvre Vignale. C'est toujours la faute des autres.

        Ici s'achève le roman du tricheur Frédéric Vignale, le seul livre écrit au cours de cette mésaventure étant le récit de cette extorsion de 4000 € que Marie-Elisabeth Claustre ne reverra jamais, l'individu s'étant évaporé, tel un mauvais génie, dans son nuage nauséabond.
"C'est un petit minable... poursuit la victime. Il est d'ailleurs petit dans tous les sens du terme, petit moralement autant que physiquement, affabulateur, machiavélique. Un jour qu'il me faisait part de ses gros soucis financiers, et que je lui demandais avec bienveillance pourquoi il ne constituait pas un dossier pour le RMI, il m'a fièrement répondu "Oh non jamais, ça n'est pas mon genre". En apprenant que pour son dernier procès, il avait écrit au juge pour demander sa clémence parce qu'il était rmiste, et que d'après son avocat, il l'était sans doute encore, sans que personne ne le sache...   J'ai envie de m'arracher les cheveux tant j'ai pu être naïve face à cet imposteur. Lui se teint les siens en noir pour faire croire aux femmes qu'il est sicilien. Ridicule."


"Tu planifiais de le violer"

Plus tard, Marie-Elisabeth apprendra, par l'ami avocat qui lui avait présenté le serpent du Mague : "J'ai enfin réussi à entrer en contact avec Vignale au téléphone, il ne voulait même plus me parler. Accroche-toi Marie-Elisabeth, il ne souhaite plus te revoir parce que, d'après lui, tu  planifiais de l'attirer chez toi un week-end pour le VIOLER !".
Quelques semaines plus tard, Vignale rappelle ce même avocat pour lui dire que sa cliente l'a un jour reçu dans sa chambre de l'hôtel Crillon quasiment nue, et qu'il l'a filmée. Dieu merci, Marie-Elisabeth a toujours rencontré son détracteur en présence de son employée. Cette dernière, sollicitée par La Catastrophe Internationale, nous livre son témoignage : "J'accompagnais Marie-Elisabeth Claustre quand Monsieur Vignale est venu soi-disant nous filmer pour M6, j'étais présente pendant toute l'entrevue. Marie-Elisabeth Claustre était vêtue d'une veste et d'un pantalon roses, sur une chemise blanche, elle n'a eu aucun geste déplacé ou équivoque, et ne s'est jamais dénudée devant lui. Ce menteur devrait être enfermé à l'asile."

M-E Claustre commente cette diffamation : "J'ai été sur le point de vomir quand j'ai entendu cette horreur. Ce Vignale est prêt à toutes les atrocités pour se dépêtrer des rumeurs qu'il fait courir sur lui-même. J'ai su par la suite que pour salir la réputation des gens qui étaient ses victimes, il utilisait souvent des motifs sexuels totalement farfelus, des avances imaginaires qu'il aurait, dit-il, refusées, pour jeter le discrédit sur la personne en question, homme ou femme ! Une autre dame mûre comme moi a déjà été sa victime, alors qu'elle l'aidait financièrement et l'hébergeait parfois sur Paris. Il disait qu'elle lui avait fait des avances sexuelles, ce qui était parfaitement faux. Elle a dû faire appel à la police. Il a aussi raconté à mon ami avocat que j'aurais écrit un article horrible sur lui, et que Vignale en aurait empeché la parution. Tout cela est, évidemment, entièrement inventé. Il a utilisé mon chagrin pour se faire de l'argent. J'ai 50 ans et je  n'ai jamais rencontré un tel mythomane de ma vie, aussi prêt à inventer n'importe quoi. J'ai su qu'au procès gagné par David Kersan, les juges ont précisé n'avoir jamais lu un tel dossier et vu une telle hystérie chez un assigné en diffamation. Malheureusement, personne ne m'a jamais mise en garde contre ce dangereux bonhomme. Il m'a raconté et promis beaucoup d'autres choses encore, comme de me présenter sa grande amie Brigitte Bardot à St Tropez, un mensonge à nouveau, mais je préfère m'en tenir à l'essentiel." Voilà qui est déjà de trop.

Le lisier terminal
Nous savons aujourd'hui que de nombreuses personnalités sont prêtes à témoigner, à la barre et sous serment, contre le cruel Frédéric Vignale.
Nous savons depuis quatorze mois que le malfaiteur Frédéric Vignale n'a jamais fait appel du jugement prononcé à son encontre en 2007, contrairement à ce qu'il prétend pour tenter de blanchir sa condamnation.
Nous savons depuis hier que l'avocat de Frédéric R. Vignale ("R" pour Requin ?), ne lui trouvant plus d'excuse, a enfin rompu toute relation avec la bête.

Nous savons depuis longtemps que les articles de ce weblog rendent fou de rage le maniaque Frédéric Vignale.
Mais nous savons maintenant que le nihiliste Frédéric Vignale arrive au bout de sa cavale suicidaire.


Aussi, Frédéric Vignale, puisque vous nous lisez depuis votre planque parisienne, regardez votre plus belle victime au fond des yeux, une fois dans votre vie.
Et priez pour que les huissiers vous retrouvent avant que ne vous embourbiez pour l'éternité dans le lisier terminal de votre propre imposture.

 
 http://www.patriceclaustre.com/ , le site dédié à Patrice Claustre. 

Lire, dans les commentaires, la lettre de Marie-Elisabeth Claustre qui relate l'affaire Vignale.

Par Frank Castle et Kitty Pryde, désolés... - Publié dans : Frédéric Vignale, le Roman d'un tricheur
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