Catastropher

Recherche

Catastrophe Unlimited

  NOTA : LA PUBLICITE QUE VOUS APERCEVEZ PEUT-ETRE AU-DESSUS DE CE TEXTE EST UN PUR MENSONGE.

La Catastrophe Internationale est un weblog polémique. Il ne saurait être question ici d’autre chose que de critiquer et controverser. Attaquer. Juger. Aimer donc châtier, puisque l'Art du polémiste est de dire le mal pour faire le bien.

Etes-vous catastropheur ou catastrophé ?

  Inclassable, ce weblog a été mis en ligne contre le politiquement correct, l'anti-racisme qui devient racisme, la tolérance qui devient intolérante et intolérable, la coalition des extrêmes, gauche et droite, blanche et noire, SA et SS, national-socialiste et communiste, islamiste ou kémite.
Nous dressons des portraits des ogres rouges/bruns/verts qui utilisent leur liberté pour mieux dévorer les nôtres.

Consultez les commentaires : ceux-ci contribuent parfois de façon éclairante, et constituent des compléments d'articles.
Rétrospective conseillée à tout nouvel arrivant sur ce site, le premier sujet publié dans la catastrophe,  Promesse Magnétique.

Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /Août /2006 16:05


TEST ou LA POSSIBILITE DU NIHIL


Mururoa.
Photographie du Commissariat à l'Energie Atomique.
Par Peter Parker, photo reporter, - Publié dans : Imagier
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 30 juillet 2006 7 30 /07 /Juil /2006 23:32


V
oici le rapport rédigé par un ami, professeur dans un lycée de province, non-classé en Zone d'Education Prioritaire (ZEP).
C'est là une belle photographie de la situation dans laquelle croupit l'Education Nationale.

Je juge bon de préciser que cet ami n'est pas homme à se laisser marcher dessus, et ce quelle que soit la circonstance. Il a 9 années d'enseignement derrière lui dans plusieurs établissements scolaires, et son tempérament de faux calme, assorti d'un  physique imposant, l'a un jour conduit à étrangler en classe un élève qui le menaçait (Ils sont dès lors devenus complices).

J'ai bien entendu transformé les prénoms des élèves et escamoté les noms du personnel enseignant.
Laissons-lui la parole :



RAPPORT D'INCIDENT Terminale X, le 03/03/06



Monsieur X,
Professeur enseignant la physique appliquée

                                                                                                      A Madame le Proviseur

Copie à Monsieur le Conseiller Principal d'Education en charge de la classe
Copie à Madame le Professeur principal


Compte rendu du cours du vendredi 03 mars : Le transformateur monophasé

Objectif : Comprendre le fonctionnemment du transformateur
              Savoir choisir un transformateur
              Connaître et savoir utiliser les différentes formules propres au transformateur

Déroulement :
12H05 Première sonnerie je rentre seul.
12H10 Les élèves se décident à rentrer.
12H20 Arrivée de Ferdinand et Tchang ; je leur demande un billet de retard, ils passent outre et vont s'asseoir tranquillement. Je menace de faire appel à un surveillant, ils finissent par obtempérer.
12H25 Je demande à Benoît de quitter l'oreillette de son MP3, je demande à Mohammed de faire de même, il s'exécute et augmente le volume du baladeur. Je demande à Rachid et Jonathan de se calmer  (ils se chamaillent, je ne sais pas trop pourquoi).
12H30 Abdul commence à déballer une crêpe. Je lui signale qu'on ne mange pas en classe, il me répond que c'est son mouchoir. Après négociation il consent à attendre la pause pour manger la crêpe. Je demande à Sébastien et Guillaume de cesser leurs bavardages (je précise qu'ils sont respectivement au dernier et premier rangs et que pour se comprendre, ils se sont mis à parler à voix haute).
12H35 Retour triomphal de Ferdinand et Tchang sous l'ovation de la classe qui entonne "j'ai demandé à la lune".
12H40 Je déplace Rachid qui en venait aux mains avec Jonathan. Je demande à Olivier qui avait entonné "pirouette cacahouète" d'arrêter de chanter. Benoît a remis son oreillette, je lui demande de nouveau de la quitter.
12H45 Alors que je demande une fois de plus le silence, Paul (1er rang) se lève pour parler avec Richard (2ème rang), puis il me précise qu'il vaudrait mieux faire des exercices plutôt que du cours. Je demande à Guillaume qui est couché sur sa chaise dos au tableau de reprendre une position correcte. Gros éclat de rire d'Antoine qui s'en raconte une bien bonne avec Ferdinand ? Hugo ? ...
12H50 Abdul de sa puissante voix de basse entonne "Les Choristes", je décide de l'exclure, il refuse prétextant qu'il n'est pas le seul et en effet Antoine à son tour se met à chanter.
J'entame la procédure d'exclusion pour les deux élèves (imprimé prévu à cet effet) mais Abdul rechigne et commence à négocier pour ne pas être exclu ou pour revenir en deuxième heure.

Il est maintenant 12H55, l'énervement me gagne ; je plie mes affaires et je quitte le cours.

Un incident similaire s'était déjà produit au premier trimestre, Monsieur le Conseiller d'Education était intervenu dans mon cours et j'avais obtenu jusqu'à peu un calme relatif.

Aujourd'hui il n'est plus possible d'enseigner correctement dans cette classe. Ce sont les mêmes élèves qui, pris séparément, s'inquiètent de l'avancement du programme, réclament du soutien, réclament des exercices supplémentaires mais qui, l'instinct grégaire aidant, se comportent comme de parfaits abrutis dès qu'ils sont en classe.
Ce sont les mêmes toujours qui se plaignent de ne pas comprendre le cours ! Il faudrait déjà qu'ils l'écoutent.

J'ai déjà été malade quatre semaines mais j'ai quasiment rattrapé le retard ! Je finirai le programme afin qu'il ne puisse y avoir aucune réclamation face à l'échec cuisant qui se prépare à l'épreuve du baccalauréat de physique appliquée. Je suis là pour permettre à des élèves d'acquérir le savoir minimum nécessaire en vue de la réussite de leur examen, pas pour leur servir de défouloir.

Si un tel chahut se reproduit, je quitterai de nouveau le cours, rapport à la clé, et je ne reviendrai pas sur les notions qui n'auront pas pu être abordées.

L'exclusion de 7 à 8 élèves devrait assainir la classe, à défaut je n'attends pas de ce rapport un changement radical. Je le rédige cependant car c'est la procédure en cas d'incident majeur et  je vous l'adresse à titre indicatif sur l'état de l'enseignement de la physique appliquée en classe de terminale X.

J'espère que vous en tiendrez compte lorsque vous examinerez les demandes de redoublement dont le nombre pourrait être important.

                                                                                                                   Cordialement

Professeur X


Des commentaires ?

 
Par Charles Xavier, enseignant, - Publié dans : Martyrologe
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Mardi 25 juillet 2006 2 25 /07 /Juil /2006 12:34
Je reçois ce jour sur ma boîte à lettres électronique une annonce de casting, à caractère urgent et indispensable, pour le clip d'un obscur chanteur pop qu'on nous présente implicitement comme incontournable à l'avenir. Je n'ai jamais entendu parler de lui, et l'annonce me dissuade par avance de faire une recherche internet sur son disque : 
"Nous recherchons 2 couples homos (1 couple de filles et un couple de garçons) et
1 couple hétéro, qui n’ont pas peur de s’embrasser devant une caméra.
Les personnes sélectionnées seront longilignes, plutôt beaux et branchés."

On croirait plus à une publicité qu'à une audition.
Ca ressemble à s'y méprendre à du spam, n'est-ce pas ?
Ca en a, à tout le moins, la consistance et le parfum.
Grâce au spam, on prend pleinement conscience du rêve du moderne, de ses deux aspirations profondes : réduire sa facture téléphonique, mais continuer d'allonger son pénis.
On paierait presque pour participer, et devenir "longilignes, plutôt beaux et branchés."
On fantasme de toute sa petite force d'être associé(e) à ce monde idéal où tout le monde s'embrasse, sans peur, devant la caméra de Big Brother ; où deux couples sur trois sont homosexuels, preuve d'intolérance zéro, deux fois zéro ; où le désir enfin est aboli car on est tous désirable, parfait puisque copie conforme de l'autre, niant l'autre à force de l'avoir dupliqué en toute chose. Nous allons tous enfin pouvoir baiser de la même et unique façon, dans le même ordre kama-sutrique, dans le même enchaînement de postures télévisées, avec le même underwear, sans avoir recours à l'improvisation, sans avoir peur du vote du jury, puisque nous allons tous être les gagnants du casting, et que nous allons devenir, parce que c'est notre devoir  et parce que c'est notre destinée mondiale,  "longilignes, plutôt beaux et branchés."

Nous allons devenir Emily de Cityvox.
Nous allons être abonné(e)s à vie à la Newsletter.
Nous allons être sélectionné(e)s sur notre physique, selon les critères d'Auschwitz, pour accomplir le spam.




Hommes Femmes Accessoires
C'est ce qui était inscrit comme slogan d'une publicité aperçue sur internet.
Hommes Femmes Accessoires
C'est ce que nous voulons :
Hommes Femmes Accessoires
C'est l'équation finale par laquelle tout est résolu pour toujours et à jamais :

Hommes + Femmes = Accessoires

Par Mary-Jane Watson, comédienne, - Publié dans : La Cata
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 9 juillet 2006 7 09 /07 /Juil /2006 20:07
Quelques minutes après le coup d'envoi.

Un ami me fait part du commentaire sportif de ses élèves, pré-adolescents de la banlieue tourangelle : "Si la France perd, on fout le feu, on va tout brûler." Trop de la balle.

Mais si "la France" gagne ? Ne brûlera-t-on vraiment rien ? Ne sera-ce pas pire ?
Nous établirons le bodycount demain.


A chaque fois que son équipe part en finale, la France devient un pays sous-développé.
Par Johnny Storm, cascadeur - Publié dans : La Cata
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 3 juillet 2006 1 03 /07 /Juil /2006 22:09

Au moment de la sortie de V pour Vendetta, en avril 2006, j'envoyais pour approbation un article critique sur ce film d'anticipation, en tant que City reporter, au comité de Cityvox - site de sorties (hôtels, restaurants, cinémas, concerts, actualité) très fréquenté. Je découvrais au bout de plusieurs jours que mon "papier" n'était pas en ligne, alors que d'autres commentaires, plus récents et moins complets, étaient pourtant déjà publiés.

Pensant à une erreur de manipulation de ma part, je réitérais, envoyant de nouveau mon texte. 5 jours plus tard, alors que les articles proliféraient sur ce film, le mien restait introuvable. J'écrivais donc à la rédaction de Cityvox, afin d'en connaître la raison.

D'autant que lorsqu'un article est hors-thème, ou sujet à caution, Cityvox se pique de le faire systématiquement savoir à son auteur, afin que celui-ci corrige celui-là.


Pas de réponse.

Voyant apparaître, jour après jour, sur ce site, des "avis" sur le même film, indigents et dépourvus de l'idée même la plus bête, je m'interrogeais sur le silence de Cityvox. Nouvel envoi de l'article, nouveau courriel au comité rédactionnel, plus urgent, plus abrupt.


Pas de réponse.

Les avis publiés online ne doivent pas être inférieurs à 15 mots. C'est la règle chez Cityvox.

Un avis en 15 mots ?

Voilà ce que ça donne, pour cette assistante secrètaire trilingue de 19 ans :

"Je ne pense pas que le film soit vraiment bien... j'ai pas trop aimé en faite :( Dommage..."

Voici maintenant l'article que j'avais initialement écrit pour le même film, et dont vous avez la primeur, puisqu'à l'heure où je frappe mon clavier, Cityvox n'a toujours pas répondu à mes messages, ou critiqué ma critique : 

Nihilismes en goguette – V pour Vendetta de James McTeigue

Alan Moore a toujours été révolutionnaire. Pour lui, l'art de la bande dessinée passe par la refonte des genres, le bouleversement des codes narratifs, et entre autres choses une apologie récurrente de la violence à des fins sociales. La liberté, du moins la conscience de la liberté, prend toujours dans ses livres le chemin de la terreur.

V for Vendetta n'échappe pas à cette règle. Il s'agit peut-être là du comic book le plus ouvertement à gauche de l’œuvre de Moore, et l'adaptation cinématographique agencée par les frères Wachowski emprunte même la voie de l'anarcho-trotskysme : l'idéal de la révolution permanente, la nécessité de verser un sang innocent pour rassembler les foules autour d'un concept, l'encouragement de minorités choisies à la lutte armée, le culte du leader intellectuel et guerrier... Le mystérieux personnage de V, sorte de brighella sinisant au masque de Guy Fawkes, terrifiant et magnifique, incarne cet idéal. Il est le Zorro post-moderne, impossible, que chacun d'entre nous attend et appelle quand, en proie à la haine ou au déni, il se sent martyrisé par la décadente absurdité de nos démocraties totalitaires. Hugo Weaving, le célèbre et multiple Agent Smith de Matrix, porte le masque et la coiffe de V. Il ne faut pas y voir la simple connivence d'artistes ayant déjà tourné ensemble - James McTeigue, le réalisateur, fut premier assistant sur la trilogie cyber des Wachowski  - non.

De technicien du mal, clone en lunettes noires, costume vide de fonctionnaire de la Machine, jusqu'à emblème populiste auto-désignée et icône du terrorisme, il n'y a qu'un pas : celui qui mène d'un extrême à l'autre. Capitaliste ultra ou fanatique de la révolution violente, c'est toujours le sourire de la mort. Celle-ci fabrique elle-même ses émules ; ainsi voit-on dans ce film, à l'instar de la profusion des agents Smith combattant Neo dans Matrix, le masque de V finalement se propager sur tous les visages concitoyens de cette Londres écartelée entre son tyran fasciste démocratiquement élu (Adam Sutler [Adolf Hitler], très bon John Hurt), et l'action directe menée par l'épouvantail poseur de bombes, V.

La mort, donc. Ces mouvements de masse, manifestant a priori pacifiquement dans les rues, venus assister à l'explosion programmée du parlement britannique et de Big Ben, alors pourtant que le dictateur est déjà détrôné et ses bourreaux évincés, ces mouvements de masse symboliques, dis-je, me font penser à nous. Nous en train de mater les boeings se crasher sur les tours de Manhattan dans le ciel de septembre. A la télévision. Certains d'entre nous parlaient alors de révolution en marche. De prise de conscience planétaire. De nouvelle donne, d'un ordre nouveau. Ils n'avaient certainement pas lu The Watchmen, autre oeuvre gigantesque de Moore, moins utopique, celle-ci. Elle démontrait la vanité de celui qui, se substituant au jugement des hommes, et voulant répéter l'histoire au lieu de la créer, fomentait dans un but philanthropique l'attentat le plus meurtrier depuis la bombe atomique. Et le sacrifice le plus inutile. A cet égard, la mort de V est édifiante : représentant moins un homme qu'une idée, il ne sera jamais mort tout à fait, assène-t'il. Ce qui implique que cela vaut pour des ordures telles que Mussolini, Staline ou Mao. Qui étaient la parfaite personnification de leurs idéologies respectives.

V for Vendetta est un film dangereux dans toutes les directions qu'il arpente : En effet, on peut y voir la totale remise en question de notre société mondiale, notre monoculture marchande, un questionnement qui parfois s'adresse à l'individu plus qu'à la multitude qui l'entraîne, sur les thèmes qui régissent notre univers (média, culte du logo, religion, sexualité...) et l'invite à un grand retournement décisif. En ce cas, il s'agit d'une oeuvre hollywoodienne magistrale, puisque politique ET claire dans ce qu'elle dénonce, accessible mais exigeante avec le public, radicalement (V apostrophant les téléspectateurs en piratant l'unique network). Hélas ! l'on peut aussi y déceler le nihilisme, auto-satisfait et saccageur, du casseur en herbe, de l'émeutier ignare, de l'intellectuel pro-ben laden imbécile ou bourgeois-bohème qui se félicite de croire comprendre, ou de la pensée unique qui se fait passer pour du politiquement incorrect. On retiendra cependant deux choses, dans ce complot : d'abord le remarquable Stephen Rea, flic perdu entre l'opinion du peuple et sa propre fonction de chien du pouvoir, entre ses déductions et intuitions personnelles et la machination dont il est le jouet, tant manipulé par l'anarchiste V que par le furher dont il dépend. Ensuite, la fabuleuse bibliothèque de combat du vengeur masqué, dédale d'ouvrages en tous genres, rescapés des rafles et des bûchers, source intarissable de poésies et de lumières. Puisqu'il ne faut pas voir la révolution comme la réponse, mais comme une série perpétuelle de questions.

Avril 2006


(Je ne peux pas croire que le fait de parler d'anarcho-trotskysme puisse définitivement censurer le commentaire d'un spectateur. A moins que l'on critique l'anarcho-trotskysme, et que le censeur soit anarcho-trotskyste.)


Nouveau courriel à Cityvox, laissant entendre qu'ils sont frileux, tièdes eux-mêmes, et que je ne veux plus jamais recevoir quoi que ce soit de la part de leurs services, ou en lien avec leur site.

Pas de réponse.

Mais régulièrement, je continue de recevoir sur ma boîte mail les "bons plans" de "Emily de Cityvox".

Emily de Cityvox ?

Oui, comme John des Beatles ou Loana du loft.

Le coup du prénom.

Xavier de chez SFR - Romorantin. Carlo de chez Bouygues - Marcadet. Frédérique de chez entreparticuliers.com.

Le coup du tutoiement.

L'inconnue répondant (peut-être) au nom d'Emily devient une conseillère, une copine :

-Tu as reçu le mail d'Emily, de Cityvox ?

Ecoutez la différence. On se sent plus proche les uns des autres, un peu comme le badge avec le prénom du vendeur accroché à sa chemise.

Non ? Vous ne trouvez pas ? Vous avez raison. Moi non plus.


Emily existe-t-elle ? Se cache-t-elle comme moi derrière un alias ? N'est-elle qu'un concept marketing ? Ma réponse est oui. Même si tu vis quelque part, Emily de Cityvox, même si tu as des enfants, un amour, des parents, et que tu caresses un rêve bien à toi, tu es devenue l'image de toi,  Emily de Cityvox pour l'éternité, estampillée et marketée, Spice Girl de l'innommable connecté sur l'infini de tes petites annonces, de tes bons plans et tes coups de coeur resto.

S'il ne te restait que 15 mots à dire, Emily, que dirais-tu ? 


Moi, je citerais Saint-John Perse.


"Alors le Songeur aux joues sales

se tire

d'un vieux songe tout rayé de violences"


 


Par Kitty Pryde, mutante, - Publié dans : Critikon
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 30 juin 2006 5 30 /06 /Juin /2006 22:54

The Beginning is the End is the Beginning 

Avant que de mettre en ligne mes propos, il semble approprié de déclencher les hostilités en ouvrant le feu sur mon site « hébergeur » lui-même, et la société dont il dépend :


L’Art de la Guerre

En premier lieu, il est impossible, parmi les cohortes de thématiques proposées sur over-blog, de trouver sa place, pour peu que l’on soit, au choix, éclectique ou spécialisé.

Dans l’onglet défilent les catégories : Actualité ? Société ? Politique ? Journal Intime ? Consommation ? Business, Economie ? Religions, Croyances ? Philosophie ? … Où se situe le pamphlétaire ? Dans quelle case le ranger ?  Ne peut-il, par essence, se pencher et s’épancher sur tout ce qui lui sert de monde et lui passe dans les oreilles, la conscience, sous les yeux ou entre les doigts ? Ma réponse est oui. Le polémiste est étymologiquement soldat de langage, combattant du Verbe. Son arme est le style (stylet, stylo ou clavier alphanumérique) et son bouclier n’est autre que le rempart que lui font ses propres détracteurs entre eux. Le polémiste pratique un art, celui de la Guerre.

 

Artiste ?

Séduit un temps par la cellule Gay, Lesbien, pour le « référencement » et l’affluence potentielle de visiteurs avec relativement peu de concurrence, tenté enfin par le casier Sport pour attirer l’attention en pleine coupe du monde de ballon rond,  je me suis lâchement résigné à cocher l’indéfini Weblogs, conscient que celui qui touche à tout ne touche à rien, et qu’en me destinant à tous, je ne m’adresse à personne. Je suis chagrin de ne pouvoir offrir à mes annotateurs la possibilité de laisser des commentaires tels que « sale petasse g giklé 8 foiis sur mon écran et tout léché sur tes sein de salope », comme l’on peut en trouver sur le compartiment Pour adultes, mais la consolation me vient en pensant à tous ces beaux surfeurs qui, venant à moi par hasard, désœuvrement ou accident, vont m’apprendre à écrire – et prononcer ? – le français tel qu’on l’enseigne à présent sur la toile vivante de l’Internet.

X Corpo

Décortiquons. Tout un chacun peut se référer aux Conditions d’Utilisation de La Catastrophe Internationale comme de tout autre weblog, disponibles sur ce même site. Je sélectionne quant à moi quelques exemples parmi les articles de ces conditions, afin de les soumettre à la critique. Les caractères en gras sont reproduits tels que trouvés sur la page web. Mes propos seront en rouge foncé. 

Nota Bene : je modifie hypocritement le nom de la société pour ne pas la citer. Elle devient XXX Corporate. Nom d’invention.

Conditions d’Utilisation

« L’Utilisateur s'engage à ce que le contenu de son blog ne porte pas atteinte aux droits des tiers, et notamment :

Article 5.1 : Pas d’atteinte aux droits des tiers :

 

Le contenu des propos de l’Utilisateur ne doit pas porter atteinte ou soit contraire à l'ordre public, aux bonnes mœurs (…) ; [On remarque une première faute de conjugaison, avec l’emploi du subjonctif (soit) au lieu de l’infinitif (être), mais passons : les juristes, aujourd’hui, ne sont plus garants de la correcte utilisation du langage.]  Qu’est-ce qui est contraire à l’Ordre public ? Qu’est-ce que cet Ordre-là, et comment peut-on ou doit-on le troubler ? Quand on sait que dans un état comme la France :

 - « On » n’a pas le droit de se rassembler à plus de 3 personnes dans la rue sans avoir prévenu la Police (les forces de l’Ordre, justement) et lui avoir donné la raison d’un tel conglomérat.

 - Il est interdit de réunir dans un espace privé plus de 7 individus sans avoir effectué cette même démarche auprès des autorités (mais que font précisément les blogueurs, notamment sur leurs forums ? Nous distinguerons en conséquence, comme si besoin était, espaces virtuel et physique, et définirons l’Internet comme un espace public).

 - Il est interdit de crier dans la rue.

 - Il est interdit de chanter dans la rue.

 - Il est interdit de parler tout seul dans la rue.

 - Il est interdit de courir dans la rue.

 

Bien sûr, ces lois ne sont – en principe – pas appliquées. Mais les policiers ont le droit de les invoquer et mettre en oeuvre. Décrétons un nouvel Etat d’Urgence, élisons une Ségolène ou une Arlette, un Jean-Marie ou un Nicolas, et attendons quelques mois. 

 

Quant aux mœurs, comment distinguer les bonnes des mauvaises ? Au vu des contenus (photographies, incitations, commentaires, liens externes…), chacun doit voir midi à sa porte : interprétation.

Suis-je naïf et permissif si je crois que les encouragements au viol filmé, ou que l’exhibition à caractère sexuel de mineurs puissent être sans conséquence sur les comportements ? Suis-je rétrograde ou intolérant si je déplore ? La première étiquette étant plus facile à porter que la seconde… chacun ferme les yeux (ou se branle avidement sur sa souris), au nom de la liberté d’expression. Il apparaît évident que chacun fait ce qu’il veut sur le réseau, sans être ennuyé : la limite réelle à ne pas dépasser est très floue, subjective, dangereuse donc intéressante, et dépend plus de la réaction, plus ou moins passive, des internautes, que des textes de loi. Nous y reviendrons.

La vérité, c’est que XXX Corporate se prémunit contre les procès de surfeurs scandalisés, en posant des jalons, un cadre qui n’est pas fait pour être observé par les utilisateurs.

- Le contenu des propos de l’Utilisateur ne doit pas être dénigrant, diffamatoire, portant atteinte à l'image, à la réputation d'une marque ou d'une quelconque personne physique ou morale, de quelque manière que ce soit ;

Et si c’est le blogueur lui-même qui l’exige ? « Insultez-moi, j’adore ça. »
Les exhortations à la dépravation, l’injure, la haine, la domination, la mauvaise réputation à l’endroit de l’individu, rencontrent un vif succès sur certains weblogs (200 à 500 commentaires ultra-violents sur une photo de buste féminin partiellement dénudé, c’est l’obtention d’une jolie prouesse, en effet, d’autant que des clichés plus explicites complètent en général le tableau). L’auto dénigrement, très en vogue, ressemble perversement à son besson, le narcissisme, et trouve en face de lui nombre de haineux d’eux-mêmes, acharnés et monomanes,  faisant du sexe, non pas arme de subversion, mais simple outil à faire jouir des contenants humains. 

Quant aux marques, notons qu’ elles sont citées avant la « quelconque personne physique ou morale » (l’individu, l’être, l’homme ou la femme, l’association d’humains entre eux), comme ne devant pas être entachées. Parce que les marques sont plus rentables = plus respectables. Donc, je n’ai pas le DROIT de porter atteinte à l’image et/ou la réputation d’Adidas, de Microsoft, de Mustela, de Nestlé, de Danone, de Mittal, Canal + ou TF1 (Personnes morales ? Très morales.). Donc, je n’ai pas le droit de les critiquer « de quelque manière que ce soit ».

Donc, le polémiste n’a pas sa place sur les weblogs, il n’a voix à aucun chapitre.

- Le contenu des propos de l’Utilisateur ne doit pas porter atteinte à la sécurité ou à l'intégrité d'un Etat ou d'un territoire, quel qu'il soit ; preuve, s’il en était besoin, que NOUS sommes potentiellement dangereux, puisqu’ILS ont peur. Il n’est  pas fait allusion aux fabricants de bombes artisanales et autres cellules terroristes de façon exclusive : nous pouvons nous aussi, c’est peut-être même notre devoir, déstabiliser l’Etat, transformer le petit parc anthropo-zoologique, humaniser notre territoire, nous l’approprier en contaminant la toile par l’information authentique, la vraie science, la véritable Histoire de chaque peuple, par les véritables enjeux et projets politiques, militaires (c’est pareil), économiques (encore une fois, hélas ! idem), en nous éduquant les uns les autres par la culture contre la fausse contre-culture de masse conspirée et façonnée par les pouvoirs depuis le nouveau partage du monde en 1945, revu et corrigé. A ce sujet, deux options s’affrontent :

1) soit l’on part du principe que, si le réseau pouvait représenter un quelconque danger pour les chefs, il n’aurait pas été rendu accessible au public ;

 2) soit tout est fait pour que nous croyions que le réseau est inoffensif, qu’il n’est qu’un moyen de commander des DVD, télécharger recettes de cuisine et réserver billets SNCF. 

 

Un arbre cache la forêt. La tronçonneuse, c’est vous, c’est moi. Au bouleau, bûcherons. 

- Le contenu des propos de l’Utilisateur ne doit pas permette [et le "r", très cher ?] à des tiers de se procurer des logiciels piratés, des numéros de série de logiciels ou tout logiciel pouvant nuire ou porter atteinte, de quelque manière que ce soit, aux droits ou aux biens des tiers ; pure et simple logique marchande, accommodée à la sauce anti-hackers. Sous-entendu : les pirates informatiques sont tous uniquement voleurs et faiseurs de virus qui contreviennent au confort des usagers et au bon fonctionnement des ordinateurs familiaux.

 

Article 5.3 : Commerce / Publicité 

-  L’Utilisateur ne doit en aucun cas proposer la vente, le don ou l'échange de biens volés ou issus d'un détournement, d'une escroquerie, d'un abus de confiance ou de toute autre infraction pénale ; XXX Corporate se protège, c’est bien naturel.

- L’Utilisateur s’engage à ne pas mettre de matériel à caractère publicitaire (en particulier sans s'y limiter : texte, image, lien) sans accord préalable de XXX Corporate (sous la forme d'un partenariat publicitaire par exemple) sur le blog et accepte que tout matériel indûment placé soit supprimé ou remplacé par XXX Corporate. S’il y a du fric à se faire, XXX Corporate est ouverte à la coopération (partenariat publicitaire = ponction).  En revanche, on le verra, XXX ne collabore qu’à sens unique, celui qui remplit sa poche à l’exclusion de toute autre (voir article 8, plus bas).

LA PUBLICITE SANS ACCORD DE LA PART DE LA SOCIETE XXX CORPORATE EST INTERDITE SUR UN BLOG UTILISANT LE SERVICE OVER-BLOG
C’est clair ?

- L’Utilisateur s’engage à ne pas pratiquer une quelconque forme de commerce sur son Blog, sauf autorisation de XXX Corporate. S’il y a du fric à se faire pour XXX ? C’est une question, pas une remarque.

Article 5.4 : Propriété Intellectuelle /  Divers :  

Enfin, l'Utilisateur devra informer sans délai XXX Corporate de toute action en justice, et de toute plainte concernant le contenu du blog. Il devra répondre aux demandes d'informations de XXX Corporate, notamment en ce qui concerne le contenu présumé contraire aux règles de bonne conduite. Les règles de bonne conduite sont transgressées, puisque largement laissées à la libre interprétation. Encore une fois, XXX prend les devants : tant que personne ne se plaint, on tolère tout, y compris l’intolérable.

 

Article 6 – OBLIGATIONS DU VISITEUR

Le visiteur s'engage à ne visiter le site http://www.over-blog.com ainsi que tous les blogs hébergés sur celui-ci qu'avec un navigateur supportant le JavaScript et acceptant les cookies.

Si l’on refuse le marquage, l’étiquetage, le fichage, même partiel, de nos centres d’intérêt, de nos loisirs, de nos prédilections, nos habitudes, nos manies, notre profil de consommateur , alors nous ne pouvons raisonnablement pas visiter le site mentionné plus haut. Pour plus d’informations sur les cookies, je vous donne rendez-vous ici :      http://www.tactika.com/cookie/


Le visiteur s'engage à n'intenter aucune poursuite contre XXX Corporate motivée par un fait découlant du non respect de la contrainte de navigation mentionnée ci-dessus. Sans commentaire.

 

Article 7 – CAS DE NON RESPECT DES CONDITIONS D’UTILISATION

Les utilisateurs sont invités à avertir XXX Corporate en cas de violation des présentes Conditions d'Utilisation via : http://www.over-blog.com/contact.php ou sur chaque blog en cliquant sur « Signaler un Abus ». Incitation à la délation. Autrement dit, jouez aux flics à notre place. Avec votre subjectivité.

Toute notification abusive donnera lieu à des poursuites et sera passible de sanctions pénales. C’est normal. Ce n’est pas bien de tirer la sonnette d’alarme dans le métro juste pour voir ce qui ça va se passer. Question : cela arrive-t-il souvent qu’un abus soit signalé ? Réponse possible : dans la catégorie Famille et Enfants, découvrir une pré-pubère s’adonnant à la fellation peut choquer, à tout le moins soulever quelque interrogation ; mais sous le critère Pour adultes, voir « tout ce qu’il faut pour se branler », après tout, chacun sait ce qu’il y vient chercher.

XXX Corporate se réserve le droit de suspension pour tout blog ou utilisateur à son entière discrétion sans préavis et sans contestation possible, du fait d’un manquement de ces Conditions d’Utilisations. [Manquement « à » ces conditions, et non « de » ces conditions... Français ?] Si j’en crois mon surf sur bon nombre de weblogs, il n’en est rien. La délation, pourtant partie intégrante de notre culture nationale, ne semble pas vraiment essaimer ; les gens, plus orgueilleux, préfèrent s’écrire des lettres d’insultes, visibles de tous grâce au principe du commentaire. Polémique !

Toutefois, l’Utilisateur pourra accéder à l’administration de son blog pour enlever le contenu non conforme aux lois en vigueur ou non conforme aux conditions d’Utilisations du produit Over-Blog, mais le blog suspendu ne sera pas visible par les internautes. Dés que le contenu litigieux sera supprimer ou modifier par l’Utilisateur et aura signalé la modification, les visiteurs auront accès à nouveau au blog en question. [« sera supprimé ou modifié » et non « supprimer ou modifier »] On n’est pas psychorigide chez XXX.

Article 8 – RESPONSABILITE DE XXX CORPORATE

XXX Corporate ne peut être considéré comme responsable du contenu des sites ou pages personnelles de l'Utilisateur. L’Utilisateur accepte et reconnaît qu'il est seul responsable des informations, textes, images, données, fichiers, programmes contenus dans son blog, son site ou sa page personnelle. Bien entendu, puisque nous ne sommes pas contrôlés in extenso. Vous imaginez le temps et le personnel (pardon, la masse salariale) qu’il faudrait pour surveiller efficacement toute la « communauté » des blogueurs ?

L'Utilisateur accepte de faire son affaire personnelle et de dégager XXX Corporate de toute responsabilité, perte, réclamation, litige, dommage ou dépense, y compris les frais de justice et de défense, revendiqués par un tiers ou par un autre Utilisateur du fait de son site ou sa page personnelle. Même si nous sommes unis, XXX et moi, par un partenariat publicitaire ? Et même si le litige, provoqué par un tiers, est lié à ce partenariat ? 

 XXX Corporate se réserve le droit d'inclure un bandeau publicitaire ou une fenêtre surgissante à caractère publicitaire sur le site de l'Utilisateur, quel que soit l'annonceur. XXX s’arroge un droit qu’elle nous conteste par ailleurs.  Et nous n’avons pas la possibilité de refuser, ou au pire choisir le style de publicité, le genre de produit vanté.

En aucun cas, l'Utilisateur ne pourra exiger un prix ou une indemnisation de la part de XXX Corporate ou de l'annonceur. XXX Corporate se réserve le droit de supprimer, modifier, déplacer ce bandeau publicitaire sans autorisation préalable de l'Utilisateur.

Ce qui est ici invoqué sans jamais être nommé, c’est le principe de la gratuité du weblog (hors premium), garanti par la présence de publicités : ce serait parce que l’on nous impose de la réclame en permanence et partout, que l’on peut accéder aux services d’over-blog. Pris de l’autre côté de l’écran, cela soulève cette autre possibilité : s’il y a blog, c’est pour ouvrir de nouveaux espaces publicitaires, et s’il y a blogueur, c’est pour créer / attirer de nouveaux chalands. Tout blogueur est un portefeuille de clients. Les cookies sont là pour ça.

Une toile : Internet. Une araignée : le marketing viral. Des moucherons : les surfeurs.

Conclusion : nous sommes en train de devenir des hommes-sandwichs, des supports publicitaires, et non seulement on ne nous demande pas notre assentiment, non seulement on ne nous rétribue pas pour ce faire, mais en outre on nous  interdit de l’exercer sciemment et volontairement, par nos propres moyens et / ou à nos propres fins.

 
 
XXX Corporate ne peut être considéré comme responsable des mensonges, exagérations, dols, violences, réticences dolosives commise par l'Utilisateur. [Le juriste utilise des mots nouveaux, et, troublé,  commet des  fautes d’accord… « réticences dolosives commises… »]

Certes. Mais XXX peut-il ou elle être considéré(e) comme responsable des mensonges, exagérations, violences commises sur les weblogs par les annonceurs publicitaires avec lesquels il ou elle est sous contrats ?

A la clôture du compte et à toute fin de preuve, des données concernant l'Utilisateur peuvent être conservées et archivées confidentiellement par XXX Corporate, selon les lois en vigueur. ”Big Brother vous regarde.” Et continue de vous épier longtemps, longtemps après.

 

 

Afin d'améliorer la qualité de son service et de mieux répondre aux attentes de ses utilisateurs, XXX Corporate pourra être amené à collecter des données nominatives sur l'Utilisateur, notamment par l'utilisation de marqueurs (cookies). Big Brother vous met en relation avec des vendeurs et prend sa substantielle commission. Big Brother vous vend. Tout simplement.

Aviez-vous lu ce qui suit ?

L’accès à ce Service est subordonné au respect des présentes Conditions d’Utilisation. Tout Utilisateur de ce Service ne peut accéder à ce service sans avoir pris connaissance préalablement de ces Conditions d’Utilisation et s'engage à les respecter sans réserve. Compris ?

The End is the Beginning is the End

Dans ce dédale d'interdits.
Dans les entrailles mêmes de ce conditionnement de l'Utilisateur. Par-delà les pôles, au-dessus du vide qui n’existe pas, au nom de toutes mes identités secrètes, au cœur de la sale guerre qui allie l’homme à son argent et l’oppose à lui-même comme à son frère, quoi que vous soyez, je vous fais la promesse, magnétique et éternelle, de ne jamais écrire pour ne rien dire.
 

 

 

Par Frank Castle, justicier, - Publié dans : La Cata
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés